Une architecture fort singulière

Le château de Lavardens, classé Monument Historique en 1961, fut reconstruit par Antoine de Roquelaure, sur les ruines du château des Comtes d’Armagnac. Edifiée sur un éperon rocheux, la forteresse des Comtes d’Armagnac bénéficiait d’un champ visuel vaste qui permettait la surveillance et la sécurité.

Il ne subsiste que quelques vestiges du château médiéval. C’est à l’extrémité ouest du corps principal du château et à l’opposé dans l’aile sud-est que sont conservés les restes plus importants de la forteresse initiale.

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En 1620, Roquelaure s’entoure de deux grands architectes : Pierre Souffron, architecte général du roi, et Pierre Levesville l’un des architectes de la cathédrale d’Auch. Le château combine de façon unique le goût classique naissant avec la posture féodale maintenue.

En des temps encore difficiles, Il a été construit dans un souci de protection. Nous pouvons observer des meurtrières à rainure horizontale au sud-est. Cependant le château innove par sa partie révolutionnaire.

Le belvédère

Le château retient l’attention par son exceptionnel parti de belvédère, obtenu grâce à un balcon développé sur trois façades, à l’abondant fenestrage d’immenses croisées et à des tourelles en surplomb. Il a été conçu pour jouir de l’horizon le plus large, c’est l’une des plus belles vues sur la Gascogne.

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Les tours ouest, pur XVIIe siècle, reposent sur les contreforts du château médiéval. Elles s’élèvent en porte à faux sur les encorbellements ou trompes. Les tours sont une vraie prouesse architecturale de l’époque. Elles ne sont que des lieux de passage et permettent de raccorder les galeries entre elles.

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Au XVIIe siècle, côté sud, une galerie en bois reposait sur les corbeaux en pierre.

Les dallages

Le château, par son aspect imposant, fait peu de concessions au décor mais il possède une belle parure intérieure : un exceptionnel ensemble de pavements du XVIIe siècle.

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Le château présente dix-sept salles aux pavements différents.
Ils se composent  de briques roses (terre cuite du pays) et de pierres taillées (calcaire clair du pays).
Les motifs, différents dans chacune des salles ont semble-t-il une signification.
On ne connaît pas d’autre monument avec une telle diversité de pavements.

 En 1653, les travaux sont interrompus par une épidémie de peste. Le château subira quelques transformations au XVIIIe siècle, essentiellement sur une partie du fenestrage (suppression des meneaux) mais il ne sera jamais achevé.